Édouard LARTET

Saint-Guiraud (Gers) 15 Mai 1801- Séissan (Gers) 28 Janvier 1871

Paléontologue et historien

 

Édouard LARTET est né dans la ferme familiale de Saint Guiraud, commune de Castelnau-Barbarens. Élève au Lycée Salinis - à l'époque lycée impérial - il fit ensuite des études de droit à Toulouse, puis à Paris, pour devenir avocat, études qu'il compléta par des cours de science et de littérature. Revenu dans le Gers, il exerça quelques temps la profession d'avocat à Auch, puis s'installa au château d'Ornézan - propriété familiale - où il commença sa carrière de chercheur. Par la suite, il se maria et acheta la propriété de La Bernisse que l'on peut voir à l'entrée de Séissan. Son fils Louis y naquit.

Édouard LARTET est peu connu de la population locale, malgré un regain d'intérêt dû à l'initiative de quelques esprits curieux, passionnés par le patrimoine gersois ( dont Jacques LAJOUX à Gimont). Cependant à l'occasion du centenaire de sa mort, la commune de Séissan, à l'instigation de son maire, Pierre PRENERON, lui rendit hommage en lui érigeant un buste visible près du groupe scolaire.

Malgré ses multiples pérégrinations et ses longs séjours à Paris, Édouard LARTET demeura très attaché à ses racines gersoises. Il finit sa vie à La Bernisse et fut enterré au cimetière de Séissan. Auch a donné son nom à une rue, reliant la Place Salinis à la rue Espagne.

La carrière scientifique d'Édouard LARTET fut très riche et sa notoriété mondiale.

Découvrant,  grâce à un agriculteur, le site paléontologique de Sansan, il y entreprit des fouilles en 1834. Ses principales découvertes, un mandibule de mastodonte (seul mot qui existait pour désigner les gros animaux préhistoriques) et un singe fossile (le Pliopithèque), suivies de nombreuses autres, le propulsèrent au premier rang dans le monde scientifique. Le mastodonte de Sansan, reconstitué, se trouve au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, Muséum dont Édouard LARTET a considérablement enrichi les collections. Ses études paléontologiques et géologiques publiées vers 1850, eurent un retentissement considérable dont on trouve un écho dans "Le voyage au centre de la terre" de Jules VERNE, qui cite l'animal extraordinaire découvert sur le site de Sansan.

Ses découvertes firent progresser les théories scientifiques de l'époque.

Pour expliquer le passé, plusieurs thèses s'affrontaient:

- Les fixistes, dont le chef de file était CUVIER, pensaient que les espèces créées par Dieu, étaient immuables. Elles disparaissaient lors des grands cataclysmes (le déluge) et étaient créées de nouveau, semblables aux précédentes.

- Les transformistes, avec LAMARCK et GEOFFROY de ST-HILAIRE, expliquaient l'évolution des espèces par l'adaptation au milieu. Ils pensaient que tous les caractères acquis étaient héréditaires, ce qui fut contesté un peu plus tard par MENDEL.

- Les créationnistes, dont LARTET fera partie dans le début de sa carrière, admettaient que la création était unique, qu'il n'y avait pas de grands cataclysmes destructeurs et que l'évolution du vivant était celle d'un appauvrissement progressif et inéluctable. 

Après Sansan, Édouard LARTET explora des grottes dans les Pyrénées(Baudéan - Espélugues), dans l'Aveyron et la Haute-Garonne (Aurignac), en Ariège (Massat) et surtout dans le Périgord (grotte de la Madeleine) où il découvrit un mammouth gravé dans l'ivoire, preuve de la contemporanéité des hommes et des animaux préhistoriques, ce qui remettaient en cause la date de l'apparition de l'homme sur la Terre et la faisait reculer dans le temps.

Il publia avec son ami anglais, Henri CHRISTY - qui l'avait accompagné dans ses explorations et l'avait aidé financièrement, une importante étude "Reliquae Aquitanicae".

On lui doit une première classification des époques de la préhistoire:

- l'âge de l'ours des cavernes.
     - l'âge du mammouth.
     - l'âge du renne.
     - l'âge de l'aurochs.
et une classification des ères géologiques. L'aurignacien et le magdalénien ont une relation directe avec les explorations menées dans les grottes d'Aurignac et de la Madeleine.

A la fin de sa vie, sa correspondance avec un abbé, témoigne que sa vision du néant avait changé et qu'il n'était pas loin de la théorie de Darwin.

DARWIN pensait que tous les organismes vivants descendaient d'un même prototype et que toutes les espèces se modifiaient en s'adaptant au milieu par la sélection naturelle. En plaçant l'être humain dans la chaîne du vivant, il niait la théorie biblique de la création de l'homme.

Édouard LARTET refusa l'athéisme qu'elle impliquait et mourut dans la religion chrétienne.

Grâce à ses immenses travaux, on lui a attribué le nom glorieux de "père de la paléontologie".

Son fils, Louis (1840-1899),  devint à son tour géologue et paléontologue, et à la demande de son père, atteint par la maladie, il étudia l'homme de Cro-magnon. Il est enterré lui aussi au cimetière de Séissan.

Sommaire