Antoine d'ETIGNY (1719-1767)

 Antoine Megret d'Etigny fut nommé à l'intendance d'Auch en 1751. A une intelligence claire et à un sens très vif du concret, il joignait une véritable compétence juridique et administrative et d'étonnantes connaissances dans le domaine économique. Il convient de souligner aussi une activité inlassable et de grandes qualités morales.

L'administration et le maintien de l'ordre constituaient son attribution essentielle. Défenseur de l'ordre social et politique établi,, il n'hésitait pas toutefois à tenir tête au puissant duc de Gramont et demandait la suppression des privilèges exorbitants dont celui-ci jouissait dans sa principauté de Bidache. De même, il résistait aux empiétements de l'archevêque d'Auch et de l'évêque de Tarbes.

D'Etigny surveillait de près la gestion financière des communautés d'habitants. Il encourageait la réalisation de travaux d'embellissement et d'utilité publique afin d'améliorer les conditions de vie. Dans le domaine des attributions traditionnelles, l'intendant d'Etigny s'est révélé comme un administrateur hors de pair, respectueux des bonnes règles et attaché à leur application.

La grande gloire de l'intendant d'Etigny celle qui a laissé un souvenir impérissable dans la mémoire de la population du Sud-ouest, c'est l'oeuvre réalisée dans le domaine des ponts et chaussées; ne disposant que de la corvée royale sur les routes et de crédits limités, d'Etigny cherchait à persuader les communautés voisines des nouvelles routes, qu'elles avaient intérêt à se libérer très vite de leurs obligations afin d'éviter les tracasseries et d'assurer sans délai leur tranquillité. Cette tactique réussit et les travaux furent menés rapidement dans l'ensemble de la généralité. A la fin de l'administration de d'Etigny, l'essentiel du réseau routier actuel s'implantait déjà dans le Sud-Ouest.

D'Etigny s'occupait aussi de la production agricole. Il essaya d'introduire de nouvelles cultures notamment près d'Auch, celle de 8000 pieds de mûrier. Pour l'élevage, il favorisa l'extension des prairies artificielles et l'introduction de moutons mérinos. Près d'Auch, il organisa un important haras et établit en Béarn et en Bigorre de nombreux dépôts d'étalons.

Dans le domaine industriel, pour faciliter la construction de la manufacture de soieries d'Auch, il n'hésita pas à investir des capitaux personnels. Quelques réalisations de l'intendant: la minoterie d'Orthez - la papeterie de Maslacq (P.O.) - Les faïenceries d'Auch et de Saramon - les tanneries de Bayonne, Dax, Lectoure et Saint Jean de Luz - les mines et les fonderies de la vallée de Baïgorry - la fabrique de bonnets d'Orthez -La fabrique de bas d'Oloron.

A l'extérieur, il s'intéressait surtout aux exportations à destination des colonies et des Provinces Unies (farine et Armagnac). Il ne négligeait pas les exportations vers la péninsule ibérique, surtout pour les bovins, les cuirs, le papier, le blé et le maïs.

Il favorisa aussi les progrès de l'urbanisme surtout à Bayonne, dax, Saint-Gaudens, Tarbes, Pau et Auch. Auch notamment lui doit la place de la Mairie, la Patte d'Oie, l'avenue d'Alsace, le pont de la Treille, la rue Gambetta, l'hôtel de ville, l'intendance (aujourd'hui la Poste), le théâtre, les casernes.

Vers la fin de son administration, d'Etigny fut victime des variations de la politique gouvernementale et le 27 mai 1765, le roi l'avertit qu'il ne jugeait plus sa présence nécessaire à ce poste. Sa disgrâce lui valut une immense popularité car son absence avait fait apprécier ses mérites Sa mort prématurée à Auch en Août 1767, à 47 ans, contribua encore davantage à lui donner une place hors de pair dans le jugement de ses contemporains.

(Réf. Le Gers, dictionnaire Biographique de l'Antiquité à nos jours sous la direction de Pierre Courtès -S.A.H.G)

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